dimanche 26 juillet 2015

Bisses et papillons

Toutes les saisons conviennent pour des balades le long des bisses en Valais. Toutefois, il vaut mieux éviter la saison froide, car ils sont souvent à sec, leur fonction première étant l'irrigation des prés.

Par cette canicule de juillet 2015, une promenade de quelques heures le long de ces cours d'eau improbables présente plusieurs avantages. Tout d'abord le dénivelé très faible offre des marches tranquilles dans les deux directions. Ensuite, le chemin qui suit les bisses est souvent ombragé et frais du fait de la présence de l'eau. Avantage qui en découle pour les propriétaires de chiens: pas besoin d'emmener de l'eau. Et le plus souvent ces quadrupèdes marchent directement dans le bisse. Enfin, tout est généralement très bien entretenu par des préposés chargés de veiller au bon fonctionnement des écoulements. Ces personnes sont souvent responsables d'une portion du cours d'eau; en effet, certains bisses comme le grand bisse de Lens ont une longueur qui dépasse les quinze kilomètres. Leur tâche est d'enlever les objets (branches, feuilles, etc) qui pourraient gêner l'écoulement. Ils doivent également s'occuper des nombreuses vannes permettant de dévier partiellement l'eau en vue d'un partage équitable pour les propriétaires de terrains.

Certains bisses sont vraiment vertigineux et les promeneurs marchent parfois sur de simples planches suspendues au-dessus de profonds précipices. Il arrive que sur certaines portions l'eau soit canalisée entre des planches en "U", directement accrochées à la paroi à pic. La construction des bisses a coûté la vie à de nombreuses personnes, très souvent des prisonniers.

Les bisses, comme d'autres catégories de paysages, cohabitent mal avec la photographie, dans ce sens que des scènes paraissant idylliques au regard ne rendent souvent rien en photo. On s'y habitue et, à moins de trouver des configurations ou des plans particuliers, il est souvent sage de s'abstenir de déclencher.


Les bisses


Voici quelques images montrant la diversité des bisses, de leur environnement et des chemins qui les bordent.

Une portion tranquille et ensoleillée avec un chemin plat:







































Passage plus escarpé, taillé dans la roche:



Un peu plus ombragé:








































Bisse du Rô. Passages plutôt vertigineux:




Bisse du Rô. Portion "modernisée" avec muret en béton et passage sécurisé:



































Bisse du Rô. On imagine la difficulté de construction:








































Passage peu modifié par rapport à l'époque de la construction du bisse:








































La photo suivante montre un mécanisme pouvant sembler ludique et sans utilité. En réalité, il n'était pas rare de rencontrer ce genre de constructions, constituées d'une roue entraînée par l'eau, dont l'axe soulève périodiquement un marteau qui retombe sur un bloc de bois en faisant un bruit relativement fort. L'intérêt de ce mécanisme était de veiller au bon fonctionnement du bisse. Le préposé à l'entretien du bisse pouvait, à distance et simplement en écoutant, savoir si l'eau circulait toujours dans le bisse. De plus la fréquence des coups lui indiquait le débit.




Voici une intersection de bisses, avec la possibilité de déverser l'eau de l'un dans l'autre et vice versa, à l'aide de vannes métalliques:






























Papillons


Ce jour-là, nous avons rejoint le Grand bisse de Lens dans sa partie inférieure, par un chemin qui arrivait de plus haut. La chaleur étouffante et la période de l'année étaient propices à l'observation d'une grande variété de papillons. L'inconvénient est que ces braves bêtes se trouvaient uniquement sur les portions ensoleillées.

Voici donc quelques-uns des papillons rencontrés, dont j'ignore malheureusement les noms.
  

Une photo ratée, au moment où le papillon prenait son envol, a pris de l'intérêt, car elle montre le mouvement de ses ailes:




























Sur cette photo, les couleurs m'ont attiré, ainsi que le fait de ne pas comprendre au premier abord comment est placé le papillon.







































Le papillon suivant n'est pas d'une extrême beauté; couleurs peu contrastées, poilu et peu souriant. J'ai trouvé que ce n'était pas une raison pour l'ignorer.



























Ce papillon d'un blanc légèrement bleuté présente une structure intéressante au niveau des ailes. Les poils près du corps sont remplacés par des écailles au fur et à mesure que l'on se déplace vers les ailes. On retrouve ensuite des poils aux extrémités de celles-ci.




























Voici un papillon de la même famille. Ce qui m'a intéressé est le graphisme des ailes quasiment fermées.



























Ce papillon présente d'autres caractéristiques intéressantes au niveau du découpage des formes dessinées sur ses ailes.







































A force de poursuivre les papillons, même au bout d'une heure seulement, quelques caractéristiques se dégagent.

D'abord, tous ne volent pas de la même façon. D'une manière générale, je trouve que leur vol défie les lois de l'aérodynamique (même et surtout lorsqu'ils évoluent sous la pluie). Comment un papillon peut-il se poser avec précision sur une fleur avec une trajectoire aussi saccadée. Pour moi, cela reste un grand mystère. Alors que certains montent et descendent avec le même style, d'autres descendent en se laissant "tomber", ailes écartées, et sans les bouger. Ils planent verticalement.

Autre constatation: ils ont de la suite dans les idées et surtout de la mémoire. Si on les perturbe à plusieurs reprises lorsqu'ils se posent sur une fleur, ils reviennent systématiquement au même endroit tant qu'ils n'ont pas terminé leur travail.

Leur comportement diffère également d'une espèce à l'autre. Certains se posent facilement, alors que d'autres tournent plusieurs minutes autour de leur cible avant d'y atterrir.

Lorsqu'on s'approche à moins d'un mètre d'un papillon immobile, généralement il s'envole et la photo avec. J'étais content d'avoir un bon zoom et un capteur haute résolution. Toutes ces photos ont été prises à une distance comprise entre 40 centimètres et un mètre, puis recadrées pour  garder uniquement quelques pourcents de la surface d'origine.


Au bout d'une heure à les poursuivre sous un soleil pesant, je me suis arrêté. J'ai alors remarqué qu'ils venaient d'eux-mêmes et sans crainte autour de moi. En fait, la crainte n'y est certainement pour rien. Simplement, ne voyant rien bouger, ils n'étaient pas gênés et se comportaient plus naturellement.



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